Elfronto
 
Rififi au zoo d'Athis-Mons

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Voici un texte que j’ai écrit il y a environ 3 ans à propos du zoo d’Athis-Mons se situant dans le parc d’Avaucourt. L’idée m’est venue d’une amie, Vilay, qui un jour en passant devant le parc m’a dit « Dis donc, les pauvres animaux, ils doivent glisser et se retrouver tout en bas avec cette pente ! » Trouvant l’idée très amusante, j’ai pondu cette petite histoire le soir même. J’avoue que ce n’est pas très modeste, mais elle me fait vraiment beaucoup rire ! Après l’avoir diffusé sur un forum, je l’ai retrouvé sur plusieurs sites, ce qui m’a poussé à la publier sur mon blog pour en faire profiter tout le monde. La voici, fautes incluses. N’hésitez pas à déposer des fleurs près du banc faisant face au zoo, ou un commentaire sur cet article en hommage au défunt Gofio.

Depuis de nombreuses années, dans notre chère petite ville d’Athis-Mons, se joue un drame humain … ou plus précisément, un drame animal. Le zoo municipal d’Athis-Mons, situé tout le long du parc d’Avaucourt (qui rappelons-le, est situé sur une très forte pente), s’est improvisé l’arène d’un spectacle pathétique, une tradition athégienne qui n’a d’égal nul part ailleurs dans le monde. « Nous ne pouvons rien y faire, nous avons tout essayé … le moral des animaux est au plus bas » nous confit Alphonse, un employé du zoo. « Tous les soirs, nous retrouvons nos animaux entassés les uns sur les autres, le terrain est trop en pente, ils dégringolent pour finir leur chute les quatre fers en l’air !». Malheureusement, ce phénomène amuse beaucoup les athégiens. C’est ainsi depuis l’ouverture du zoo, tous les dimanches, une centaine de personnes viennent assister au pathétique spectacle. « C’est qu’il faut venir tôt ! Si vous arrivez vers 16H, plus d’un tiers des animaux a déjà dégringolé ! » s’exclame un spectateur venu avec ses enfants.

Ce jour là, à 11h28, Cruik le cochon qui se dirige vers un appétissant tas de pommes découpées, fait un faux pas et, les fesses les premières, s’agrippant avec ses pattes avant, glisse d’un petit mètre pour venir buter contre une motte de terre qui le stop dans sa dégringolade. Cruik est pris de panique ! Les spectateurs commencent à crier en cœur « le cochon ! le cochon ! le cochon ! » Les enfant surexcités tapent frénétiquement dans leur mains en sautant pieds joints. Tête basse, le regard en coin, Cruik sert la mâchoire pour essayer de ne pas pleurer, mais il laisse s’échapper une larme le long de sa joue … Il ne sert à rien de lutter contre la gravité. Allongé sur ses quatre membre, le postérieur en avant, il commence doucement à glisser jusqu’à prendre une vitesse considérable. Il lâche un long « cruuiiiiiikkkkkkkk » qui faibli au fur et à mesure de sa chute. Chanceux dans son malheur, Renato, l’âne qui avait dégringolé quelques minutes auparavant, amorti son atterrissage. Cette fois-ci il ne s’esquintera pas sur le grillage…
Le public, qui a accompagné Cruik dans sa chute par une holà géante, est satisfait. « Elle était belle celle-ci ! » s’esclaffe un octogénaire qui, depuis sa plus tendre enfance, vient contempler ce spectacle. « Vous savez, à notre époque, on n’avait pas beaucoup d’amusements … alors on venait ici avec les copains. Aujourd’hui les jeunes, ils ont les Nintendos et autres gadgets. Il y a moins de monde maintenant … c’est dommage, les traditions se perdent.» reprit-il en faisant le moue.

Jean-Kamel, responsable du zoo, nous explique qu’ « au début, les animaux se relevaient d’eux même et essayaient tant bien que mal de remonter par leur propres moyens … mais maintenant, ils ont développé une fainéantise, une sorte de m’enfoutisme, ils se laissent aller … Par habitude d’être assistés par nos employés, ils restent entassés les uns sur les autres dans l’attente que l’on s’occupe d’eux. Il est déjà arrivé qu’ils soient restés toute une journée comme cela ! »
Conscients du ridicule de la situation, les animaux n’osent plus sortir de leurs abris … La tension est devenue oppressante, certains ont fait une dépression. Ils savent qu’ils sont observés et que le moindre faux pas se transformera en spectacle : pom-pom girls, applaudissements et autres slogans chantés … « Quelle fut notre stupeur quand nous avons découvert que Gofio, notre poney-nain, s’était pendu à l’abricotier … il a préféré mettre fin à sa vie que de subir les moqueries des athégiens ! » nous confit Alphonse, les larmes aux yeux.

Jean-Kamel décide alors de faire tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer la situation. Il fait appel à des psychologues pour animaux qui viendront s’entretenir deux fois par semaine avec chaque bête, et en thérapie de groupe le vendredi. Le moral remonte, les bêtes se sentent soudées entre elles.
« Pour palier techniquement au problème, nous avons aussi fait appel à un grand spécialiste et inventeur du filet anti-avalanche, qu’il a habillement adapté à cette situation. ». Alain Pentedouce, inventeur du filet anti-avalanche, nous explique : « au début, les premiers essais avec les filets ont été un peu laborieux … l’élasticité des ceux-ci était trop forte. Du coup, les animaux étaient bien amortis, mais ils étaient renvoyés dans l’autre direction avec une force décuplée ! Sur le même principe que la catapulte, voyez-vous. Fatalement, l’animal remontait en boule vers ses camarades qui le regardaient, les yeux écarquillés, arriver sur eux à une vitesse phénoménale. Le public moqueur criait ‘Strike !’. C’était pire qu’avant. Ils restaient toute la journée dans leurs abris, jetant, de temps en temps, un coup d’œil par la fenêtre pour regarder les modifications que je portais au système. Les pauvres, ils ne mangeaient même plus. Mais heureusement, j’ai vite ajusté les filets pour que ceux-ci amortissent les dégringoleurs en douceur ».

Depuis quelques mois, la situation est devenue quasiment normale. Maintenant, le zoo ressemble à quelques détails près à tous les autres zoos. Des animaux paisibles, les odeurs, les cris, les chèvres mastiquant inlassablement le pain que les enfants viennent leur donner, malgré la pancarte interdisant le dont de nourriture. Quelques fois, une chèvre, une poule ou un âne dégringolent mais ils sont tout de suite stoppés par les filets. L’animal se relève péniblement, l’air de rien, pour retourner à son occupation. La vie continue … dans la honte, mais elle continue.

Les amis du défunt Gofio (le poney-nain) appellent à faire vivre son âme en déposant des fleurs près du banc qui fait face au zoo. D’ailleurs, une plaque commémorative y sera placée en sa mémoire, pour que personne n’oublie.

Photo d'archive : Renato et Gofio au zoo d'Athis-Mons

Photo d'archive (1998) : Renato l'âne au premier plan et Gofio le poney-nain en arrière plan.

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Commentaires
1.   Le Corbeau du Noyer-Renard  ›  lundi 12 juin 2006 à 12:50

Cher El Fronto, vous avez passé sous silence les dessous cachés de cette affaire du Zoo d'Athis.
A l'époque révolue où notre ville était dirigée par une oie blanche, celle-ci avait décidé d'acheter des dahus pour mettre dans le zoo municipal or chacun sait que cet animal en voie de disparition est hors de prix.
Ses conseillers et notamment le maire-adjoint à la condition animale avaient alors demandé à un cabinet spécialisé des conseils très onéreux sur les solutions possibles. Il suffisait, tellle était leur conclusion, de couper les pattes gauches (ou droites) des animaux pour qu'ils puissent tenir sur la pente.
Les premières exprériences avaient été tenté justement sur l'âne Goffio. Mais faire l'âne avec les pattes sciées avait profondément déprimé la pauvre bête et c'est la véritable explication à son suicide.
Le cabinet avait alors proposé de poser des filets (encore un conseil très onéreux bien que le jardinier de la ville l'avait proposé bien des années avant mais on lui avait ri au nez car un conseil de jardinier, ça fait rire les élus).
Et c'est là que l'on avait appelé Alain Pentedouce à la rescousse.
Depuis ce moment, le zoo est surveillé par des pigeons-policiers atteints de la grippe aviaire. Mais c'était sans penser que la fiente de pigeons provoque cette fois des glissades chez les spectateurs. Or les psychologues pour animaux ont découvert que cela faisait particiulièrement rire les animaux et que cela les rendait plus joyeux.
Il est donc conseillé aux visiteurs de porter des bottes anti-fiente.

 
2.   auteur du blog de jessiebrad  ›  lundi 12 juin 2006 à 14:22

se ke jaime bien dan ton blog et kil fai tré profésionnel et sa c stylé brava ++

 
3.   Elfronto  ›  lundi 12 juin 2006 à 15:07

Oula, Le Corbeau du Noyer-Renard, je sens que ton commentaire est plein de sous entendus et un peu trop ciblé. Mes intentions ne sont absolument pas politisées. Je cherche plutôt à parler de gens, de lieux ou d'événements locaux intéressants ou pittoresques et non pas à baver sur qui que ce soit. Si tu veux dénoncer des choses je t'invite à créer ton blog ou à écrire directement aux personnes intéressées. Ce qui sera, je le pense, beaucoup plus constructif que de lâcher des allusions que seuls quelques "initiés" pourront comprendre. Ha oui, ton pseudo en dit beaucoup sur tes éventuelles intentions, je te suggère plutôt « La Colombe du Noyer Renard », beaucoup plus positif et rassurant pour les lecteurs :-p Par contre je te remercie d’avoir participé au blog en postant un commentaire. Si seulement tout le monde pouvait faire de même et non pas seulement pour les choses négatives, comme c’est souvent le cas.

 
4.   L'ardéchoise qui suit les news d'Athis Mons !?!  ›  mercredi 14 juin 2006 à 00:29

Hi Karim ! Paix à l'âme de Gofio le poney-nain !!... Quoique... dans ton monde parallèle, où les zanimaux font de la luge malgré eux, est-ce que la mort se déroule de la même façon que le pensent les judéo-chrétiens ?!!... Non, sérieusement, ton texte m'a bien fait marrer, et même ton blog glob..al en fait... bon j'avoue j'ai sauté les posts au sujet des commerces de Athis qui ferment... mais à part ça, j'trouve que t'as bien fait de mettre tte ton absurdité au grand jour ! (ça n'a rien de méchant hein, au contraire !) See ya !

 
5.   Michel Drucker  ›  mercredi 14 juin 2006 à 17:33

C'est un scandalllllelelelellele
J'm'excuse mais y'a pas de zoo à Athis-Mons.
Le vrai problème, c'est les lacs en pente de Viry-Chatillon

 
6.   jozzy-online  ›  lundi 1 mars 2010 à 18:22

Merci pour cette information interessante

 
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